Stéphan Oliva, Vaguement Godard, Illusions

(extrait de la présentation radiophonique)

Avec ce disque, Oliva clôt une trilogie consacrée au cinéma, interprétée sur son seul piano. Après les musiques de Bernard Herrmann, puis celles des films noirs, le tout paru chez Illusion, voici le dernier volet du triptyque. On découvre ou redécouvre dans ce florilège de titres, la sensibilité musicale de Godard à travers quelques unes de ses musiques de films. A bout de souffle évidemment (puisque composée par Martial Solal), Pierrot le Fou d’Antoine Duhamel, le Mépris  de Georges Delerue, mais également des pièces de compositeurs de musique classique. On le voit très vite, Godard a toujours su s’entourer de compositeurs de talent qui, notons-le au passage sont toujours plus sobrement formels qu’il ne peut l’être lui-même. Question d’équilibre sans doute…

Sans dénigrer les précédents disques d’Oliva sur le cinéma (ils sont de haute volées), ce dernier semble plus abouti. Bizarrement moins programmatique, il laisse plus de place à l’expressivité du pianiste qui peut user de toute l’ampleur de son jeu et donner libre cours à son romantisme contrôlé. Oliva est un de nos grands pianistes français, l’étendue de ses capacités pianistiques sont entièrement au service de sa sensibilité et de son projet musical.

Pour ce disque, on retrouve une certaine dramaturgie cinématographique, noirceur, clair-obscur et jaillissement de lumière, mais également une réinterprétation, un remodelé des musiques de départ que seul le jazz est à même de pouvoir exprimer.

 

un extrait sonore dans cette émission