Sébastien Boisseau / Matthieu Donarier, Wood, Yolk

(extrait de la présentation radiophonique)

La brièveté du disque Wood n’est pas un défaut loin s’en faut mais bien le signe de la délicatesse de gourmets qui préfèrent la qualité à la quantité. Ce qui saute à l’oreille, c'est d'abord la beauté du son, la magnifique association parfaitement complémentaire entre le timbre précis et tranchant de Donarier et celui boisé de Boisseau. Tous les deux sont élégants, un peu sec mais profus dans les propositions musicales et l’intelligence de leur ligne mélodique. Des pièces courtes se succèdent et évitent le piège du duo où l’on verrait les musiciens tour à tour et en alternance assumer d’abord la partie soliste puis la partie rythmique. Il n’en est rien et c'est bien un être musical bicéphale qui donne vie à ces pièces.

Il est passionnant de voir comment ces musiciens ont su évoluer depuis dix ans et offrent à présent une musique qui reste fortement ancré dans le jazz mais en déborde; ou plutôt le prolonge. Partis tous les deux, entre autres, de leur collaboration avec Daniel Humair et donc, par le biais des vases communicants, des musiques de Joachim Kuhn, dont ils reprennent deux titres (l'un des deux est cosigné par Humair), et de Jean-François Jenny-Clark, ils ont en eux cette philosophie qui fait du jazz un terrain d’expérience, d’individualité s’épanouissant dans le rapport à l’autre et surtout d’émotion créative. 

 

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