Luis Lopez Humanization 4tet, Live in Madison, Ayler Records

(extrait de la présentation radiophonique)

Pour faire vite et user de raccourci, il s’agit ici de free jazz, mais tout serait bien simple si nous nous limitions à cette définition. En réalité, nous retrouvons effectivement toutes les outrances sonores que ce genre affectionne mais il semble que ça va au delà, ou tout au moins que ça y va autrement. On ne retrouve pas pleinement les spécificités du free jazz afro-américain telles qu'elles ont pu être définies durant les années 60 par la communauté noire dont le lyrisme exacerbé est une des données. Le Luis Lopez Humanisation Quartet rappelle l’urgence de la scène punk hard-core du début des années 80 (on pense par exemple à Minor Threat). On trouve ici une simplicité qui ne serait pas la conséquence d'un vocabulaire pauvre mais la volonté de privilégier l'énergie en lançant un arc de tension au-dessus des plages présentées.

Il serait réducteur de ne faire de ce groupe qu'une seule boule de feu. L'équilibre trouvé entre le ténor très growlé, grave, granuleux, torrentiel et la guitare, au son métallique, sec et au discours certes bruitiste mais très clair trouvent une parfaite complémentarité. Quand à la section rythmique elle est en tout point impeccable et tient la barque comme il se doit, à la fois massive et subtilement nuancée.

A l’intérieur de ce maëlstrom, comme c’est le cas pour toutes formation assumant pleinement son esthétique, on retrouve beaucoup de sources d'inspiration parfaitement intégrées. Certains Miles des années 70 ou alors des blues poisseux... 

 

un extrait sonore dans cette émission